Le chrome est un oligo-élément non essentiel qui tient cependant un rôle important dans le métabolisme des glucides, des lipides (graisses) et des protéines. Si son implication a bien été établie, en revanche ses mécanismes d’action n’ont pas encore été entièrement élucidés.

 

Présentation

Le chrome est un métal de transition qui porte le numéro chimique 24 et dont le symbole est Cr.

Il est présent dans la croûte terrestre, les roches magmatiques et les météorites.

Il apparaît également, entre autres, sous forme d’impuretés dans certaines pierres précieuses auxquelles il donne leur couleur, tels que le rouge du rubis et le vert de l’émeraude.

Le corps simple du chrome est un métal grisâtre qui devient brillant lorsqu’il est poli.

Il existe sous différentes formes chimiques dont le chrome dit «trivalent» qui est le mieux représenté au sein des aliments et dans l’organisme humain où il est stocké en quantité infime dans la peau, les reins et le cerveau.

Les autres formes de chrome quant à elles sont toxiques pour l’être humain.

 


> Découverte du chrome

Le chrome est d’abord décrit en 1766 par le minéralogiste allemand Johan Gottlob Lehmann qui découvre un minéral rouge-orangé qu’il nomme «plomb rouge sibérien» parce qu’il le croit composé de plomb, associé à du fer et du sélénium.
Il ignore à ce moment que ce minéral est en réalité du chromate de plomb qui sera par la suite rebaptisé crocoïte.
C’est en 1798 que l’élément chimique et le corps simple du chrome sont isolés par le chimiste français Louis-Nicolas Vauquelin à partir de l’analyse des échantillons du crocoïte que lui envoie le minéralogiste J.G. Lehmann.
La dénomination «chrome» qui est proposée par Louis-Nicolas Vauquelin s’explique par ces racines gréco-latines, respectivement «khrôma» et «chroma» qui signifient «couleur, couleur à teintes vives», faisant référence aux nombreux composés colorés que le forme le chrome.
Le chrome est par la suite principalement utilisé comme pigment dans la peinture et le traitement du cuir puis à partir de 1948 il est utilisé pour la galvanisation et de nos jours il est exploité par l’industrie métallurgique notamment dans la fabrication d’alliages inoxydables.


 

Fonctions du chrome

Le chrome trivalent, parmi d’autres facteurs, intervient dans la régulation de la sécrétion de l’insuline pancréatique qui permet d’assurer un taux de glucose (sucre) sanguin constant.

Selon les observations scientifiques, son rôle dans la régulation du glucose consiste à assurer le transport de l’insuline et à activer les récepteurs de cette dernière grâce à l’intervention d’une protéine, appelée chromoduline.

Cependant, ses mécanismes d’action ne sont pas entièrement compris et donc son action dans la régulation du glucose reste inexpliquée.

Des études récentes indiquent que le chrome trivalent agirait également sur le taux de lipides dans le sang, en augmentant le bon cholestérol et en diminuant le mauvais.

Ces résultats doivent cependant être confirmés ou infirmés par d’autres études complémentaires.

Chrome et diabète

Bien que le rôle du chrome soit en partie identifié sans être entièrement compris, certaines études avancent qu’un apport supplémentaire en chrome pourrait être bénéfique aux personnes diabétiques en favorisant le contrôle de la glycémie.

Une étude américaine indique en effet que le chrome trivalent pourrait agir en améliorant les effets de l’insuline mais cela se produirait à des doses très supérieures à ce qu’on peut obtenir via l’alimentation ou des compléments alimentaires.

Les compléments alimentaires en chrome vendus par les laboratoires n’ont pas encore prouvé leur efficacité par rapport au diabète,
même si certaines études financées par ces mêmes laboratoires affirment le contraire.

L’utilisation du chrome pour diminuer le taux de sucre sanguin des personnes atteintes de diabète de type 2 est très controversée, principalement à cause de la qualité méthodologique très variable des études et de leurs résultats mitigés.

 

Chrome et perte de poids

Le chrome a acquis la réputation de favoriser la perte de poids et de lutter contre l’obésité mais à ce jour il n’existe aucune preuve scientifique probante pour étayer cette allégation santé.

Des études ont été menées mais la fiabilité des méthodes est remise en question, ce qui ne permet pas d’affirmer avec certitude qu’un supplément en chrome pourrait favoriser la perte de poids.

Consommation

En raison du manque de données scientifiques sur le chrome, les apports quotidiens n’ont pas encore été formellement établis et il n’existe pas de consensus sur des références nutritionnelles.

En France, l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a établi des recommandations sous forme «d’apports nutritionnels conseillés» de 55 ug de chrome par jour pour les femmes et de 65 µg pour les hommes alors que l’IOM (l’Institut de médecine Nord-américain) a donné en référence des chiffres environ deux fois plus petits que ceux de la France.

La carence en chrome : aucune étude n’a jamais pu mettre en évidence un déficit en chrome chez un être humain, toutefois elle a été observée exceptionnellement chez certains patients alimentés uniquement par voix intraveineuses.

Concernant les diabétiques, déjà fragilisés par un dysfonctionnement du métabolisme des glucides, la carence en chrome pourrait aggraver certains effets moins connus de la maladie et provoquer une hypoglycémie (taux de sucre dans le sang trop bas) qui peut se manifester sous forme de malaise allant jusqu’au coma si la personne ne consomme pas rapidement quelques morceaux de sucre (ou aliments très sucrés) qui en général suffisent à faire disparaître les symptômes.

Jusqu’à aujourd’hui, aucun effet nocif relatif à une supplémentation excessive de chrome trivalent n’a été observé lors des études de toxicité mais cela ne signifie pas qu’il n’y en a pas et l’application du principe de précaution paraît approprié.

Dans quels aliments trouver du chrome ?

Le chrome est relativement présent dans l’alimentation, on en trouve dans les crustacés, les poissons, la viande, les céréales complètes,
les fruits à coque et certains fruits et légumes sont de bonnes sources de chrome.

 


> Principales sources  alimentaires de chrome

Aliments – 100 g Chrome (µg)
Pomme de terre : 300
Moule : 128
Noix du Brésil : 100
Persil : 70
Huître : 57
Épinard : 50
Dattes séchées : 29
Crevette grises : 27
Farine complète : 26
Tomate : 21
Champignon : 20
Brocoli : 17
Orge (complet) : 13
Noisette : 12
Côtelette de porc : 10
Maïs : 9
Jaune d’œuf : 6
Bœuf : 3
Hareng : 2

(*µg = microgramme)