FGF 19 reprĂ©sente un grand intĂ©rĂȘt thĂ©rapeutique dans les maladies mĂ©taboliques telles que le diabĂšte de type 2 et l’obĂ©sitĂ©

 

La rĂ©duction de la masse musculaire, processus frĂ©quemment associĂ© au vieillissement, mais Ă©galement observĂ© dans plusieurs maladies chroniques (obĂ©sitĂ©, cancer, insuffisance rĂ©nale), ainsi qu’en situation d’immobilisation (accidents, pĂ©riodes post-opĂ©ratoires), impacte fortement la qualitĂ© de vie.

Des chercheurs du laboratoire CarMeN «Recherche en Cardiovasculaire, MĂ©tabolisme, DiabĂ©tologie et Nutrition» (Inserm/Inra/UniversitĂ© Claude Bernard Lyon 1/Insa) Ă  Lyon, dirigĂ© par Hubert Vidal, Directeur de recherche Inserm, en collaboration avec l’équipe du Dr. JĂ©rome Ruzzin du DĂ©partement de Biologie de l’UniversitĂ© de Bergen (NorvĂšge), viennent de montrer qu’une hormone fabriquĂ©e par l’intestin appelĂ©e facteur de croissance des fibroblastes 19 (FGF19), est capable d’accroĂźtre la masse musculaire chez la souris et d’augmenter la taille des cellules musculaires humaines en culture.

Les chercheurs ont Ă©galement montrĂ© que le FGF19 protĂšge de la perte de masse musculaire dans diffĂ©rents modĂšles expĂ©rimentaux chez la souris, mettant en lumiĂšre son potentiel intĂ©rĂȘt thĂ©rapeutique. Ces rĂ©sultats sont publiĂ©s dans la revue Nature Medicine en juin 2017.

Le facteur de croissance des fibroblastes 19 (FGF19), une entĂ©rokine (une hormone secrĂ©tĂ©e par l’intestin) connue pour agir sur le mĂ©tabolisme des acides biliaires dans le foie, est aussi capable de cibler d’autres tissus et d’exercer un rĂŽle de rĂ©gulateur du glucose et de l’homĂ©ostasie des lipides.

En Ă©tudiant l’intĂ©rĂȘt thĂ©rapeutique potentiel du FGF19 dans les maladies mĂ©taboliques telles que le diabĂšte de type 2 et l’obĂ©sitĂ©, les chercheurs ont montrĂ© que des souris traitĂ©es avec du FGF19 durant 7 jours prennent moins de poids et de tissus adipeux alors qu’elles mangent davantage que des souris non traitĂ©es.

Dans ces conditions, les chercheurs ont montré que la masse des muscles squelettiques et la force musculaire des animaux traités sont augmentées, identifiant ainsi pour la premiÚre fois une nouvelle fonction du FGF19.

A une Ă©chelle molĂ©culaire, les chercheurs ont identifiĂ© la voie de signalisation qui entraĂźne les effets hypertrophiques du FGF19 dans le muscle et dĂ©montrent que cet effet est la consĂ©quence d’une augmentation de la taille des fibres, indĂ©pendamment du type de fibre musculaire.

Les chercheurs ont ensuite démontré le potentiel thérapeutique du FGF19 en utilisant différents modÚles murins présentant une diminution de la masse musculaire, incluant des animaux traités avec un glucocorticoïde, un modÚle de souris génétiquement obÚse et des souris ùgées.

Dans chacun de ces modĂšles, ils ont mis en Ă©vidence la capacitĂ© d’un traitement par le FGF19 Ă  prĂ©server ou augmenter la masse et la force musculaire. «Ceci montre pour la premiĂšre fois l’intĂ©rĂȘt du FGF19 pour lutter contre la fonte musculaire, mais potentiellement aussi en agronomie pour augmenter la masse musculaire des animaux d’élevage» concluent Hubert Vidal et ses collaborateurs qui envisagent la mise en place d’études cliniques pour valider ces observations chez l’homme.

Source Inserm – Emmanuelle Meugnier, IngĂ©nieure de recherche Inra, dirigĂ© par le Dr Hubert VIDAL
Laboratoire de Recherche en Cardiovasculaire, MĂ©tabolisme, DiabĂ©tologie et Nutrition – Lyon