Les diabétiques ne sont pas à l’abri de maladies peu répandues… ils doivent être vigilants. La maladie de Verneuil se manifeste par des nodules (formations cutanées arrondies et saillantes) douloureux, et des abcès (amas de pus collecté dans une cavité).
Elle évolue vers des écoulements de pus, des fistules (canal d’où s’écoule un liquide) et une cicatrisation en relief (cicatrisation hypertrophique).
Comment arrive la maladie de Verneuil
Des facteurs génétiques ont été mis en cause, la transmission de la maladie serait autosomique dominante avec une pénétrance variable, ce qui signifie que la maladie n’est pas systématiquement transmise à toutes les générations et que d’autres facteurs existent.
Le tabac est considéré comme un facteur favorisant.
La maladie de Verneuil est une affection qui touche l’épiderme dont l’étendue varie d’un patient à l’autre.
Elle est invalidante, mais pas fatale. Elle apparaît fréquemment au moment de la puberté. Très souvent, cette pathologie disparaît spontanément.
La maladie de Verneuil est en effet habituellement confondue avec de simples poils incarnés, une furonculose ou de l’acné sévère.
Il n’existe aujourd’hui aucun traitement curatif ou réellement efficace pour éviter l’apparition récurrente des boutons et furoncles, seulement des traitements symptomatiques.
Actuellement, La maladie de Verneuil, terriblement invalidante, est peu connue des professionnels de santé. Elle est aussi non reconnue par les organismes spécialisés dans le handicap.
La fréquence de la maladie de Verneuil dans la population est mal connue, on estime qu’elle atteint entre 1 et 4 % de la population (environ 1 cas pour 300 habitants).
Elle apparaît généralement après la puberté, entre 20 et 30 ans, avec une prédominance féminine de trois femmes pour un homme atteint.
La maladie de Verneuil commence par l’apparition d’un nodule (grosseur anormale) ferme, souvent violacé et peu douloureux au niveau des glandes apocrines.
Ce nodule peut disparaître spontanément, ou persister et évoluer vers une infection avec suppuration avec la formation d’un abcès douloureux pouvant se rompre, pour laisser place à un ou plusieurs orifices suppurants.
Il peut également cicatriser “en pattes de crabes”, c’est-à-dire des cicatrices prenant un aspect rétractile caractéristique.
Les zones les plus fréquemment touchées sont :
• Les aisselles (26% des cas).
• La région ano-périnéale (20% des cas), avec des localisations principalement au niveau des plis de l’aine, du plis interfessier, du scrotum ou du pubis.
• La région rétroauriculaire (l’arrière des oreilles) dans 6% des cas.
• Les mamelons (4% des cas).
Chez la femme, les aisselles sont le plus habituellement touchées alors que chez l’homme, c’est la zone ano-périnéale.
Les complications de la maladie de Verneuil
Les complications de la maladie de Verneuil sont généralement dues aux infections et abcès causés par les bactéries (streptocoque, staphylocoque…), cependant il n’existe aucun risque de septicémie (infection généralisée au niveau du sang et potentiellement mortelle).
Lorsque l’infection gagne en profondeur, on observe des fistules (communication anormale entre une cavité ou un organe et un autre).
La maladie peut également être à l’origine d’une amylose.
Le risque de cancérisation existe, mais il reste exceptionnel et apparaît après une très longue évolution de la maladie (généralement plus de 20 ans).
La maladie de Verneuil s’accompagne de conséquences importantes sur la mobilité,
la vie quotidienne, la pratique des loisirs ou du travail.
La qualité de vie des patients est majoritairement très impactée par cette maladie dermatologique.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’histoire de la maladie et la visualisation des lésions à l’examen clinique.
Malheureusement, le diagnostic n’est quasiment jamais fait à la phase initiale,
car les symptômes peuvent être discrets et la maladie encore peu connue.
Au stade précoce, elle est souvent confondue avec de simples poils incarnés,
une furonculose ou de l’acné sévère.
Il existe très fréquemment un retard de diagnostic malgré la souffrance des patients.
Cependant, à un stade avancé, le diagnostic est plus évident pour un médecin entraîné.
Comment la soigner
Les antibiotiques vont permettent de stopper une poussée en traitant l’infection intercurrente, mais ils n’empêchent ni les récidives, ni les autres poussées,
ni la suppuration.
L’arrêt du tabac reste important pour permettre une meilleure cicatrisation des lésions, toutefois l’effet du sevrage sur l’évolution de la maladie n’a pas été démontré.
Le seul traitement efficace dans la maladie de Verneuil est la chirurgie.
L’intervention nécessite la suppression (ablation) complète des tissus malades et peut parfois exiger un sacrifice cutané important.
En fonction de la taille et de la localisation, il peut être nécessaire de réaliser plusieurs interventions chirurgicales pour la même localisation.
Après l’intervention, la plaie est généralement laissée ouverte et demande des soins réguliers jusqu’à la fin de la cicatrisation.
Le processus de cicatrisation peut prendre entre six semaines et quatre mois selon l’importance et l’étendue des lésions.
Après un traitement chirurgical, il n’y a normalement pas de récidive au niveau des lésions excisées, cependant de nouvelles localisations peuvent apparaître.
Sources : Livi











